jeudi 14 décembre 2023

Les fleurs sauvages au fil des mois (12)

Observation à Fontanès à l'automne 2023

Les fleurs de l'automne. Avec le retour de l'humidité, nous avons le plaisir de continuer à trouver des fleurs dans notre environnement. Profitons-en jusqu'aux gelées ! Nous listons ici les nouvelles plantes en fleurs, mais si vous observez bien vous retrouverez certaines espèces que nous avons croisées au printemps ou pendant l'été (la chicorée à rameaux, les pâquerettes, la fausse-roquette...).

La scille d'automne

C'est la seule représentante de son genre qui fleurisse en fin d'été ou en automne, les autres fleurissant plus classiquement au printemps. Les fleurs de cette plante ont littéralement surgi en septembre pour agrémenter les pelouses sèches, les zones rocailleuses, les bords de chemin de leur jolie couleur lilas quasi à ras de terre. Cette plante est vivace, et reviendra donc l'année prochaine. Ses fleurs, présentes à une saison où les autres plantes entrent en repos, attirent de nombreux insectes d'espèces très différentes.

La scille d'automne


Le Calament nepeta

Sous sa forme sauvage, c'est une petite plante discrète qui est encore en fleurs en ces premiers jours de Novembre. Si vous froissez ses feuilles, vous sentirez une odeur de menthe assez prononcée et très agréable. Cette plante a de nombreux noms vernaculaires, dont "menthe de montagne" ou "fausse marjolaine", et elle est très utilisée dans certaines cuisines méditerranéennes, notamment en Corse et en Italie.

Le Calament nepeta

L'inule visqueuse

Cette plante est assez grande, avec de longues tiges en éventail qui portent des fleurs jaunes lumineuses. Elle affectionne les bords de champs et les friches. Fréquente en région méditerranéenne, elle fleurit en fin d'été et jusqu'en novembre.

Elle a apparemment de très nombreuses propriétés médicinales connues depuis l'Antiquité sur tout le pourtour Méditerranéen. Elle est notamment utilisée pour cicatriser les blessures ou calmer les piqûres de méduse ou de guêpe. Les principes actifs de l'inule sont notamment le camphre, l'eucalyptol, le thymol. 

Elle est utilisée dans les oliveraies contre la mouche de l'olive, car elle attire et abrite les parasites qui régulent les populations de ce ravageur. Dans certaines oliveraies où l'inule a été retirée car considérée comme "mauvaise herbe", des attaques importantes de mouche de l'olive ont été observées ! En espagnol et en catalan, l'inule est d'ailleurs appelée "tue-mouche".

L'inule visqueuse

Le Fragon petit-houx ou fragon faux-houx

D'accord, je triche un peu avec cette plante, ce ne sont pas des fleurs mais des fruits qu'elle porte sur la photo... Mais c'est une petite curiosité botanique : vous noterez que les boules rouges, qui rappellent celles du houx, sont portées directement sur les feuilles, ce qui est très inhabituel. En fait, les "feuilles" de cette plante sont techniquement des tiges modifiées appelées "cladodes". Elles sont rigides et pointues, et je ne vous conseille pas de les attraper à pleine main !

En anglais, cette plante porte le doux nom de "balais de boucher", car les bouchers européens utilisaient plusieurs branches regroupées pour nettoyer leurs planches à découper. A ses propriétés mécaniques abrasives s'ajoutent des propriétés anti-bactériennes liées à la présence d'huiles essentielles. Dans certaines régions, des fagots de petit-houx étaient utilisés pour nettoyer les ustensiles de cuisine, ou même comme "hérisson" pour ramoner les cheminées.

Le fragon a de plus des propriétés médicales intéressantes, notamment pour la circulation veineuse. Il est parfois appelé "plante des jambes légères" ! Sa racine contient un glycoside stéroïdien. Attention, ses baies rouges sont toxiques.


Le Fragon petit-houx ou fragon faux-houx


Le Trèfle des prés

Ce n'est pas vraiment une curiosité, je pense que tout le monde connait le trèfle ! Il est encore en fleurs en ce début novembre. Cette espèce est largement cultivée comme plante fourragère, et se retrouve en Europe, en Amérique du Nord et en Océanie. Il est comestible sous de nombreuses formes, cru ou cuit, et on peut utiliser aussi bien ses feuilles, ses fleurs que ses graines (en farine ou en germes). Il a aussi des propriétés médicinales intéressantes. Ses fleurs sont riches en nectar et présentes sur une longue période, ce qui fait du trèfle une très bonne plante mellifère.

Le Trèfle des prés

L'aster d'automne

Une plante particulièrement résistante, qui a la réputation de fleurir là où rien ne pousse ! Typique des régions à étés chauds et très secs, il fleurit à l'automne en faisant de petits pompons jaunes.

L'aster d'automne

Texte et photos : Carole Kerdelhué


dimanche 10 décembre 2023

Les fleurs sauvages au fil des mois (11)

Observation à Fontanès en aout 2023

Quelques plantes courageuses fleurissant en plein mois d'août, malgré une météo assez rude ! (avec un peu de retard...)

L'aristoloche clématite

Cette plante d'origine méditerranéenne a développé une stratégie très pointue pour assurer sa reproduction ! Ses fleurs en forme de tubes étroits fonctionnent comme des pièges à insectes : en effet, le nectar contenu au fond attire de petites mouches, qui ne peuvent pas faire demi-tour une fois qu'elles ont commencé à entrer dans le tube à cause de poils qui tapissent le conduit et sont orientés vers le bas. Une fois que l'insecte est arrivé au fond et entre en contact avec les étamines, il se couvre de pollen. Les poils sèchent alors, ce qui lui permet de sortir pour apporter le pollen en question à la prochaine plante ! 

L'aristoloche clématite

Attention, cette plante curieuse est toxique, notamment pour les reins. Certaines maladies des reins lui ont été attribuées dans les Balkans, où des récoltes de blé ont été contaminées par cette aristoloche.

Nous avions déjà croisé l'aristoloche clématite en avril (les fleurs sauvages au fil des mois n°8), mais sans lui consacrer beaucoup d'explication. Sa floraison estivale a permis de corriger ce manque !


Le Cabaret aux Oiseaux, ou cardère sauvage

J'ai une tendresse particulière pour cette plante, que j'ai découverte il y a des années au détour d'un numéro de La Hulotte (le journal le plus lu dans les terriers, le connaissez-vous: https://www.lahulotte.fr/) ?

Sur la photo, on voit la tige très piquante et le capitule sec. Des fleurs violettes sont visibles sur ce capitule au moment de la "vraie" floraison. 

Le Cabaret aux Oiseaux, ou cardère sauvage

Son joli nom de "Cabarets aux oiseaux" vient du fait que ses feuilles poussent par deux le long de la tige et retiennent l'eau de pluie, attirant les oiseaux assoiffés. 

Son autre nom, "cardère", est lié au fait que sa cousine cultivée, moins hérissée de piquants, a longtemps été utilisée comme outil naturel pour carder la laine dans nos campagnes.

Les cardères sont des alliées de la biodiversité, elles attirent beaucoup d'insectes (pour leur nectar), ainsi que des oiseaux (pour l'eau et pour ses graines). Gardons les dans notre environnement !

La Campanule à fleurs agglomérées

Comme son nom l'indique, cette espèce est caractérisée par ses fleurs regroupées en glomérule.

La Campanule à fleurs agglomérées

La Molène à feuilles sinuées

Nous avons croisé une autre Molène en début d'été (les fleurs sauvages au fil des mois n°10). Comme sa cousine, celle-ci dresse ses fleurs jaunes en bord de champs

La Molène à feuilles sinuées

Texte et photos : Carole Kerdelhué


dimanche 12 novembre 2023

Les fleurs sauvages au fil des mois (10)

 Observation à Fontanès entre juin et juillet 2023

Les fleurs du début de l'été, avec un peu de retard...

L'arrivée des chaleurs et de la sécheresse a ralenti les floraisons, mais nous avons croisé quelques jolies plantes entre fin juin et fin juillet. Les voici dans l'ordre

La Leuzée conifère

Une vraie curiosité que cette plante, que pour ma part je ne connaissais pas jusqu'au jour de la mi-juin 2023 où sa forme étonnante a attiré mon œil ! Son nom vient bien sûr du fait que son inflorescence ressemble fortement à une pomme de pin. Ce qu'on voit sur la photo est en fait un assemblage de bractées (vous savez, ces sortes de petites feuilles à la base des pétales sur les fleurs de forme classique), un peu comme un artichaut. Quelques temps plus tard, des pétales sont certainement sortis du haut de cette fausse pomme de pin, mais malheureusement j'ai raté cette étape. Vous en trouverez une illustration sur Wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Leuz%C3%A9e_conif%C3%A8re).

La Leuzée conifère

C'est une plante vivace, et elle devrait donc revenir au printemps prochain. Elle est trouvée principalement en Méditerranée, mais elle semble s'être raréfiée car elle a été beaucoup cueillie pour faire des bouquets secs. Elle appartient à la famille des Astéracées, comme les marguerites !

La Cantanache bleue

Cette plante porte aussi le joli nom de "Cupidone". Elle est originaire d'Europe et d'Afrique du Nord. Elle aime les pelouses sèches et craint l'humidité. Elle est souvent cultivée pour ses fleurs, aussi décoratives fraîches que sèches. Comme la leuzée conifère, c'est aussi une Astéracée.

La Cantanache bleue

La Chicorée endive ou Chicorée à rameaux

Il ne s'agit pas, malgré son nom, de l'endive qu'on a l'habitude de consommer mais c'est une cousine proche, et d'ailleurs elle est également comestible, cuite ou crue. Les feuilles se récoltent habituellement en fin d'été ou en fin d'hiver. Elle est annuelle, mais sa période de floraison est très longue. On la trouve facilement en bord de champs et de vigne. 

La Chicorée endive ou Chicorée à rameaux



La Clématite flammette

La clématite est une plante grimpante très vigoureuse qui fait de multiples petites fleurs blanches souvent odorantes. Son nom vient du grec et signifie "sarment" car ses tiges sont sarmenteuses. Les fruits sont plumeux, ce qui permet aux graines de se disperser plus facilement. 

La Clématite flammette

Le Liseron des champs

Pas vraiment une rareté que cette espèce, mais elle se doit d'apparaitre dans ce blog ! Vous la connaissez tous, c'est une petite plante qui adore envahir les platebandes et pousser autour de toutes ses voisines ! Elle rampe et grimpe partout, et revient d'année en année. Ses graines sont dispersées par les oiseaux. Les tortues terrestres (genre Testudo) adorent ses feuilles.

Le Liseron des champs

La Mauve

Une grande classique de nos jardins et chemins en été. Son nom vient du grec et signifie "mou" ou "amollir", car cette plante a des propriétés émollientes. Les mauves sont comestibles, on peut utiliser les jeunes feuilles comme des épinards, et les feuilles comme des épaississants naturels pour les sauces car elles contiennent des pectines.

La Mauve

La Picride de Villars

Encore une classique de la famille des Astéracées, qui fleurit tout l'été au bord des chemins et des cultures. Ses feuilles sont comestibles, crues ou cuites si elles sont trop coriaces ou trop duveteuses.

La Picride de Villars

La Verveine officinale

Aussi appelée "herbe sacrée" ou "herbe aux sorcières", elle est connue depuis l'Antiquité. Petite plante de bords des chemins et des champs, elle a de petites fleurs violet pâle et peut être observée tout l'été. Elle fait partie de la pharmacopée traditionnelle pour ses vertus diurétiques et antipyrétiques. Elle aurait une action reconnue sur certaines hormones, notamment œstrogènes et progestérone.

La Verveine officinale


La petite centaurée

Une plante basse, discrète, mais à la jolie floraison rose foncé en fin de printemps et début d'été. Elle aurait des propriétés anti-oxydantes. Elle appartient à la famille des Gentianacées.

La petite centaurée


La Vipérine maritime

C'est une plante annuelle, toute hérissée de "poils", qui fleurit jusqu'au début de l'été. Le nom de "vipérine" vient du fait que ses fleurs rappellent une gueule de vipère. Elle appartient à la famille des Boraginacées.

La Vipérine maritime


Le Mouron des Champs

Petite plante discrète, ses fleurs sont généralement rouges mais certaines peuvent tirer sur le bleu. Les graines sont toxiques pour les oiseaux,et probablement pour les petits mammifères. Elle a une distribution assez large en Europe et en Afrique du Nord et pousse facilement dans les jardins, les bords de champs, les sols nus...

Le Mouron des Champs

La Molène à fleurs denses

C'est une grande plante qui dresse ses fleurs jaunes sur une belle hampe florale, aux bords des champs. Elle est présente en Europe de l'Ouest, et quasiment partout en France. Elle apprécie les endroits très ensoleillés et les sols calcaires. Elle attire beaucoup les insectes, en particulier les pollinisateurs et elle est très mellifère. Ne l'arrachez pas si vous la trouvez dans vos jardins !


Texte et photographies : Carole Kerdelhué



lundi 30 octobre 2023

Le tircis

Observation à Fontanès le 22 octobre 2023

Voici un papillon assez courant et très joli : le tircis. Son nom latin est Pararge aegeria

Le tircis est un joli papillon assez fréquent.

D’où vient ce nom ? La zoonymie est l’étude du nom des animaux (ou zoonyme) et je trouve que c’est vraiment très intéressant. Ainsi, Pararge signifie « près d’Arge » et aegeria fait référence à Égérie (en latin Aegeria) une nymphe des sources dans la mythologie romaine (une parle également de camène). Prenons maintenant le nom vernaculaire de ce papillon : Tircis. Tircis est un berger apparaissant dans le recueil des Bucoliques (ou Églogues) du poète latin Virgile paru en -37 avec JC. 

Une nymphe des sources (source : wikipedia)

Tircis (le papillon !) appartient à la famille des nymphalidae. Son envergure est d’environ 4 cm. On le rencontre principalement dans les forêts mais il peut également se trouver dans des milieux ouverts tels que des prairies ou des zones péri-urbaines si des arbres sont présents en bon nombre. Notre observation a été réalisée au Mas Fontan, sans aucun doute grâce au couvert arborée préservé dans cette zone. Pourvu que cela dure.

Étant un papillon, le tircis passe une partie de sa vie sous la forme d’une chenille et il se nourrit alors de graminées. Il est fréquent en Europe de l’ouest et se rencontre jusqu’à la mer Caspienne.


Texte : J.-P. Rossi
Photographies : C. Kerdelhué

dimanche 29 octobre 2023

Une punaise made in USA

 Observation à Fontanès le 22 octobre 2023

Nous n’avons pas souvent parlé des espèces envahissantes sur ce blog et l’arrivée de l’automne va nous fournir plusieurs occasions d’aborder ce sujet. En effet, avec la baisse des températures, certains insectes cherchent un abri et pénètre dans nos habitations. C’est une bonne occasion de les observer car ils sont souvent peu actifs et donc faciles à approcher. En octobre comme en novembre, vous pourrez ainsi observer plusieurs punaises exotiques absolument inoffensives pour l’homme (je tiens à le préciser). 

Nous parlons aujourd’hui de la première de ces super-stars : la punaise américaine du pin. Son nom latin est Leptoglossus occidentalis.

Cette espèce est originaire des USA où elle a longtemps peuplé les régions bordées par les montagnes rocheuses. Elle a réussi à franchir ces montagnes (sans doute aidée par l’homme et le transport de marchandises) dans le courant des années 1950. A partir de ce moment Leptoglossus occidentalis a entrepris une véritable « conquête de l’est » et a fini par atteindre New York en 1990.


Leptoglossus occidentalis, la punaise américaine du pin

Bon, vous me direz que ce n’est pas mal mais que traverser les USA d’ouest en est et franchir l’Atlantique ce n’est pas la même chose. Surtout quand on est un insecte ! C’était sans compter les cargos qui transportent tous les ans d’immenses quantités de marchandises depuis les USA vers l’Europe. Et les punaises sont très fortes pour se cacher dans les conteneurs et voyager gratis !

C’est ainsi que Leptoglossus occidentalis a posé une patte en Europe en 1999 et plus précisément en Italie du nord. A partir de ce moment, les pays voisins ont rapidement été conquis (Suisse, Autriche, Croatie, Hongrie, République Tchèque). La Corse a été atteinte en 2005 et le sud de la France continentale en 2006. Aujourd’hui la punaise du pin est présente un peu partout en France et en Europe

Leptoglossus occidentalis est un insecte strictement phytophage qui se nourrit sur les cônes en formation de différents conifères ainsi que sur les graines contenues dans les cônes. Elle peut également consommer le suc de fruits pourrissants.

Vous êtes maintenant au courant de l’histoire de cette punaise qui n’est peut-être pas (encore) dans votre maison mais qui cherche sûrement à y entrer pour passer l’hiver au chaud ! 

Texte : J.-P. rossi

Photo : C. Charpiat-Rigaud

dimanche 22 octobre 2023

Fête des abeilles et de la biodiversité à Saint Mathieu de Tréviers le 5 novembre !

 Les associations « Les paniers du Pic » et « Assopic » organisent la 7e édition de la Fête des Abeilles et de la Biodiversité le 5 novembre 2023 de 10h00 à 18h00 au Galion (Saint Mathieu de Tréviers).

Le programme est extrêmement intéressant avec des conférences, des ateliers et bien d’autres choses !

Pour plus d’information : https://www.ville-saint-mathieu-de-treviers.fr/agenda/fete-des-abeilles-et-de-la-biodiversite/


dimanche 8 octobre 2023

La lyriste plébéienne

 Observation à Fontanès le 10 juillet 2023

Connaissez-vous la lyriste plébéienne ? Mais oui ! Il s’agit de Lyristes plebejus, autrement dit la cigale commune ou grande cigale commune ! Lyriste fait référence à la lyre, instrument de musique évoquant les talents sonores de l’insecte ; plébéienne signifie « du peuple » en référence à la plèbe de la Rome antique qui désignait le peuple.

La lyriste plébéienne en plein récital

Cet insecte hémiptère appartient à la famille des Cicadidae et se rencontre fréquemment dans le sud de l’Europe. Comme c’est le cas pour la cigale grise Cicada orni dont nous avons déjà parlé (voir ici), les mâles produisent un son strident durant l’été (juin-fin aout/septembre). A l’état adulte, les cigales vivent sur des arbres dont la sève leur sert de nourriture. Les larves, quant à elles, vivent 4 ans dans le sol et se nourrissent en suçant la sève qui circule dans les racines des arbres. 

Mais attention ! Notre photo est un peu spéciale car les cigales ne se nourrissent pas de bambou mais il leur arrive de se déplacer d’une plante à une autre et de faire une petite pause sur un végétal non comestible pour elles 😉.

Texte : J.-P. Rossi
Photographie : C. Kerdelhué

samedi 7 octobre 2023

Le bourdon roux

 Observation à Fontanès le 7 octobre 2023

Le bourdon roux, Bombus pascuorum est un superbe insecte de la famille des Apidae et comme l’abeille sa cousine, il joue un rôle important dans la pollinisation des plantes. Le bourdon roux forme des colonies qui vivent dans un nid positionné au ras du sol et protégé par une sorte de dôme en matériau végétal. Peu agressifs, ils ne posent pas de problèmes si on les dérange (mais ce n’est pas une raison !). 

Comme son nom l’indique, le bourdon roux est… roux (voir photo) et on le reconnait ainsi aisément. 

Un bourdon roux photographié à côté des cellules du nid

La colonie est annuelle, contrairement aux abeilles qui se maintiennent durant des années. La reine sort de son abri au printemps et forme la colonie. Elle meurt en automne et avec elle toute la colonie. Dans le sud de la France, les colonies peuvent vivre jusqu'au mois de novembre. Les futures reines de l’année à venir ont quitté le nid durant l'automne et passent l’hiver cachées sous une écorce ou dans une fissure. Le nid comporte des cellules, bien visibles sur notre photographie et dans la vidéo ci-dessous. Elles contiennent soit des larves soit des réserves de miel. Hé oui, le bourdon roux produit du miel, tout comme les abeilles, bien qu’en petite quantité !


Nous avons malencontreusement perturbé une colonie de bourdons roux. Ils sont inquiets mais n'ont aucun comportement agressif.

Texte : J.-P. Rossi

Photos et vidéo : C. Kerdelhué



L'épeire diadème

 Observation à Fontanès le 12 juillet 2023

Voici une nouvelle araignée à ajouter à notre collection (de photos). Il s’agit de l’épeire diadème Araneus diadematus de la famille des Araneidae. 

On la trouve en Europe et en Amérique du nord. Les motifs qui ornent sont abdomen lui valent le nom d’araignée porte-croix. Elle tisse de grandes toiles (jusqu’à 1 mètre) pour capturer ses proies. La toile est refaite tous les jours !


L’épeire diadème apparaît dans l’album de Tintin l’étoile mystérieuse (1942) lorsque Tintin l’aperçoit à travers le télescope du professeur Calys. C’est d’ailleurs Calys qui identifie l’animal, après quelques hésitations il est vrai…

Texte et photo J.-P. Rossi
Illustrations : Hergé




vendredi 29 septembre 2023

L'araignée loup

 Observation à Fontanès le 24 septembre 2023

L’araignée loup est une jolie bête de la famille des Lycosidae. Le nom de la famille vient du mot Lycosa signifiant « loup » en grec ancien. Ces araignées ne sont pas faciles à identifier au niveau de l’espèce. Selon les cas on les nomme araignées-loups, tarentules ou lycoses. 

Elles ont une particularité amusante : elles portent leur sac d'œufs sous le ventre. Une fois les œufs éclos, les petits se déplacent « à dos de maman ». Vous pouvez en effet observer de nombreux bébés sur l’abdomen de la femelle que nous avons photographiée à Fontanès il y a quelques jours.

Les lycoses ne font pas de toile et chassent activement en poursuivant leurs proies ou en les guettant. Notez que leur morsure n’est pas dangereuse pour l’homme bien que douloureuse. Cette famille est connue depuis le crétacé, période géologique s’étendant de 145 à 66 millions d’années avant notre ère.

Une dernière chose, évitez de les écraser si vous en rencontrez dans votre maison : les bébés s’échapperaient et iraient se cacher un peu partout chez vous… De toutes manières, il faut TOUJOURS éviter d'écraser un animal, mettez-le dehors, tout simplement !

Texte : J.-P. Rossi

Photographie : C. Rossi


dimanche 24 septembre 2023

La lithobie à pinces

Observation à Fontanès le 11 juin 2023

Voici un animal très courant dans nos jardins tout comme dans la garrigue. On l’appelle « mille-pattes » mais si vous comptez bien vous verrez qu’il n’arrive pas à 1000…

Ces animaux appartiennent au groupe des myriapodes, et ce nom signifie « dix mille pieds » en grec. Ce groupe d’arthropodes rassemble des espèces au corps allongé ayant de nombreuses pattes (mais jamais 1000 !).

Il existe deux grands types de myriapode : les diplopodes et les chilopodes. Les diplopodes possèdent deux paires de pattes sur chaque segment du corps (ces segments sont également appelés métamères) tandis que les chilopodes n’en ont qu’une seule. L’animal qui nous intéresse aujourd’hui est un chilopode. 

Les chilopodes se répartissent dans 4 grands groupes : géophiles, lithobies, scolopendres et scutigères. Les lithobies se distinguent facilement des autres chilopodes par leur nombre de pattes (il y a d’autres différences comme l’alternance de grands et de petits segments mais attention à ne pas confondre avec certains scolopendres) : on en compte 15.

Lithobie à pinces

La photographie nous montre donc une lithobie, et très probablement l’espèce Lithobius forficatus (lithobie à pinces) qui est extrêmement commune dans le sud de la France. Le mot grec lithos « pierre » associé à bios « vie » reflète leur mode de vie sous les pierres et à l’abri de la lumière.

Cet animal est un prédateur actif qui chasse ses proies à la course, elle est en effet très rapide. Ses proies sont diversifiées et elle chasse notamment des larves d’insectes qui s’attaquent aux plantes cultivées. La lithobie est donc l’alliée des jardiniers !


Texte et photos : J.-P. Rossi

samedi 23 septembre 2023

La voix de l’été

Observation à Fontanès le 26 juillet 2023

Elle a chanté tout l’été et parfois si fort que cela en devenait gênant ; elle vit dans les arbres et notamment sur des oliviers et différents arbres fruitiers et on la rencontre facilement dans les vergers ; elle se nourrit de la sève des arbres dont elle perfore l’écorce ; elle a pondu ses œufs durant l’été et ses larves passeront plusieurs années sous terre en se nourrissant de la sève des racines de plante… 

Mesdames et Messieurs, voici Cicada orni appelée également la cigale grise.



Texte et photos : J.-P. Rossi


dimanche 17 septembre 2023

Sauvetage réussi !

Observation à Fontanès le 5 septembre 2023

A l’heure du déjeuner un bruit fort retentit derrière moi. Une sorte de gros « ploc » puis plus rien. Un oiseau distrait venait s’écraser contre la baie vitrée.

L’animal était complètement KO. Nous l’avons mis dans une boîte en plastique en pensant qu’il était probablement mort mais nous voulions lui laisser le temps de se remettre s’il n’était qu’assommé.  Il fallait également garder nos deux chats à distance : ils étaient très intéressés, on n’a pas tous les jours un déjeuner gratuit.

Le temps a passé et l’oiseau a ouvert un œil. Puis deux. Il a fallu attendre encore un long moment pour qu’il se remette sur ses pattes.

La photo illustre cette période durant laquelle il ne bougeait pas mais reprenait conscience doucement.

Et puis il a filé sans un mot. Et les chats faisaient la tête.

Il s’agit d’un gobemouche (attention ce nom vernaculaire est donné à différentes espèces d’oiseaux).


Texte : Jean-Pierre Rossi

Photo : Carole Kerdelhué



samedi 16 septembre 2023

Punaise !

 Observation à Fontanès le 8 aout 2023

Voici la punaise (insecte du groupe des Hémiptères) appelée Ceraleptus gracilicornis en latin, décrite pour la première fois par Herrich-Schäffer en 1835. Elle n’a pas, à notre connaissance, de nom vernaculaire (de nom français quoi !). 

Une punaise nommée Ceraleptus gracilicornis

Cette espèce se rencontre en Europe de l’ouest jusqu’en Géorgie (approximativement 43 degrés de longitude pour 42 de latitude). Elle ne remonte jamais au-delà de 52 degrés de latitude.

Ceraleptus gracilicornis se nourrit de différentes plantes et a une préférence pour les Fabacées dont la coronille qui est fréquente chez nous. Elle aime également le…thym et le romarin !

Elle passe l’hiver cachée dans les feuilles mortes et pond ses œufs au printemps. L’émergence se fait en juillet.

Il y a bien d’autres espèces de punaises dans notre région et on en voir souvent. Les lecteurs qui cultivent des tomates dans leur jardin en savent quelque chose… 😥


Texte et photographie : Jean-Pierre Rossi

dimanche 11 juin 2023

mi-mai mi-juin : les fleurs sauvages au fil des mois (9)

Avec l'humidité qui a fini par arriver, les fleurs ne se comptent plus à Fontanès ! Voilà quelques beaux spécimens que nous avons pu croiser sur nos chemins, entre mi-mai et mi-juin.


La campanule

C'est une plante assez commune, qu'on trouve un peu partout en Europe ainsi que dans une partie de l'Asie et de l'Afrique. Elle fait de très belles inflorescences de fleurs bleues en forme de cloche. Elle a longtemps été cultivée et utilisée en cuisine, jusqu'à ce qu'elle soit supplantée par l'épinard à partir du XVIIème siècle. Les feuilles étaient utilisées en salade et les racines étaient soit râpées crues en salade, soit cuites à l'eau. 

La campanule

La centaurée rude

Comme chez toutes les astéracées, la "fleur" est en réalité un capitule, c'est à dire le regroupement de plusieurs petites fleurs. Dans le cas de cette centaurée méditerranéenne, les fleurs du bord du capitule sont plus ouvertes que celles du centre, ce qui donne une forme assez caractéristique. La base de cette inflorescence est un "involucre" composée de bractées portant de petites épines. Elle est botaniquement très proche des bleuets.

Le nom de genre "Centaurea" a été choisi par les botanistes en souvenir du centaure Chiron qui, selon Ovide, aurait utilisé les propriétés médicinales d'une centaurée pour tenter de se soigner alors qu'il était blessé par une flèche empoisonnée d'Héraclès.

La fleur de centaurée rude

Le fruit de la centaurée rude

Le convolvulus de Cantabrique, ou liseron de Cantabrique

Il ressemble à un liseron, ces plantes rampantes envahissantes qui enquiquinent les jardiniers, mais il s'agit d'une plante pérenne et non pas d'une annuelle. La partie souterraine est ligneuse et vit plusieurs années, et la partie aérienne repousse chaque printemps.

C'est une plante de milieu très sec, qu'on retrouve dans la moitié sud de la France, ainsi que dans plusieurs pays d'Europe méditerranéenne et d'Europe de l'Est.

Le convolvulus de Cantabrique


Le cynoglosse de Crète

C'est une plante de garrigue assez rare, qui se développe souvent sur deux ans, les fleurs apparaissant la 2ème année. Elle appartient à la famille des Boraginacées. Les fleurs d'une même plante peuvent varier en couleur, du rose au bleu-violet.

Les fruits sont un peu hirsutes, et s'accrochent dans les poils des animaux, ce qui aide à la dissémination des graines. On appelle cela la zoochorie.

Elle est naturellement présente sur le bassin méditerranéen, mais elle a été introduite dans les régions à climat de type méditerranéen des Etats-Unis, d'Amérique du Sud et d'Australie, où elle est considérée envahissante.

😉 Le mot cynoglosse signifie "langue de chien" en référence à la forme des feuilles.


Elle contient des substances toxiques (alcaloïdes pyrrolizidiniques). 

Le cynoglosse de Crète

La luzerne

Originaire des régions tempérées du Proche-Orient et d'Asie Centrale, la luzerne a été introduite un peu partout et cultivée à la fois pour ses propriétés intéressantes pour l'alimentation du bétail (richesse en protéine notamment) et pour sa capacité à améliorer le sol en captant l'azote, comme les autres espèces de Fabacées que nous avons déjà rencontrées. Elle a de plus un système racinaire très développé, qui l'aide à résister à la sécheresse et elle a la propriété de décompacter le sol. Elle est largement présente dans toutes les régions tempérées du monde, aussi bien en culture qu'à l'état sauvage. Elle est utilisée sous diverses formes dans l'alimentation humaine et animale.

La luzerne

La luzerne

Le millepertuis perforé (ou millepertuis commun ou millepertuis officinal)

Ses fleurs jaunes lumineuses sont toujours présentes en ce mois de juin le long des chemins.

Le nom "millepertuis" signifie "mille trous" : si vous regardez une feuille à contrejour, vous aurez l'impression de voir mille petites perforations. Il s'agit en réalité de petites glandes transparentes à l'origine des huiles essentielles de la plante.

Le millepertuis, aussi appelé herbe de la Saint-Jean, a de multiples propriétés médicinales connues depuis la nuit des temps (ou presque ! on en trouve mention dans des textes de l'Antiquité). Cette plante a des propriétés cicatrisante et anti-inflammatoire et c'est un antidépresseur naturel. Il était appelé le “chasse-diable” ou le “fléau du diable” au Moyen-Age car il était réputé pour éloigner les esprits diaboliques et les sorcières. Il n'était pas rare jusqu'au XIXème siècle de trouver un bouquet de millepertuis accroché aux portes des granges, aux fenêtres des maisons, ou d'en porter sur soi.

Le millepertuis

Le muscari à toupet

C'est un cousin du Muscari à grappe que nous avons rencontré plus tôt dans la saison. Le muscari à toupet était présent en mai et on le le trouve plus en juin. C'est une plante vivace, dont on trouve aussi des variétés en jardinerie car il est cultivé pour l'ornement. On le trouve à l'état sauvage en Europe centrale et méridionale, dans l'Est du bassin méditerranéen et en Afrique du Nord.

Son bulbe est comestible ("lampascione" en italien) et est cuisiné traditionnellement dans les régions des Pouilles et de la Basilicate. 

Le muscari à toupet

La nigelle des champs

Elle fait partie de la famille des renonculacées. C'est une cousine sauvage de la nigelle cultivée (aussi appelée "cumin noir" ou "graine bénie"), dont la graine riche en thymoquinone a de nombreuses propriétés médicinales. Le nom de "nigelle" vient du latin et signifie "noir", en référence à la couleur des graines.

La nigelle des champs est une espèce méditerranéenne. 


La potentille rampante

C'est une petite plante basse de la famille des rosacées, à fleurs jaunes. Les feuilles sont reconnaissables à leurs 5 folioles, et c'est pour cette raison qu'elle est aussi appelée "quintefeuille". Elle est parfois utilisée comme alternative au gazon pour ses propriétés couvre-sol.

La potentille rampante

La scabieuse maritime

Les scabieuses sont en pleine floraison en ce moment (juin), et elles attirent de nombreux papillons qui viennent se nourrir de nectar. Les fleurs sont là encore des capitules, formés en réalité de nombreuses petites fleurs.

La scabieuse maritime

Le spartier-faux genêt

Ce buisson actuellement (juin) couvert de fleurs jaunes sur des tiges ne présentant quasi aucune feuille a de nombreux noms ! Genêt d'Espagne, spartier, joncier, spartier à tiges de jonc... On le trouve communément dans les espaces ouverts, par exemple le long des routes et des autoroutes. Il est naturellement présent sur le pourtour méditerranéen et en vallée du Rhône. Il a été utilisé pour tisser des draps, de la toile et des vêtements, et pour nourrir les chèvres et les moutons pendant l'hiver. Même pour les animaux, il faut l'utiliser avec modération car il contient un alcaloïde, la cytisine, qui le rend toxique.

Le spartier-faux genêt

Le trèfle des champs ou trèfle couché

C'est une espèce de trèfle à petites fleurs jaunes, très répandue. On la trouve souvent en marge des champs cultivés. Elle est très basse, souvent autour de 10 cm.

Le trèfle des champs ou trèfle couché


L'urosperme de Daléchamp ou lampistrelle commune

Proche des pissenlits, cette espèce tient son nom Urospermum de la forme des fruits, qui se terminent par une sorte de longue queue en forme de bec. On la trouve sur tout le pourtour méditerranéen, et elle fleurit abondamment au printemps. Les "pétales" qui forment la fleur sont en réalité des fleurs eux-mêmes !

L'urosperme de Daléchamp ou lampistrelle commune

La valériane rouge, ou centranthe rouge

Le nom "centranthe" vient du grec et signifie que les fleurs sont pourvues d'éperons. Comme son nom l'indique, une majorité des plantes ont des fleurs de couleur rose foncé ou rouge, mais environ 10% sont blanches. Elles attirent souvent des sphinx, ces petits papillons capables de faire du sur place pour butiner à distance à l'aide de leur longue trompe. C'est une espèce qui apprécie la chaleur et les sols très secs, et on la trouve communément sur les vieux murs, les éboulis, les rocailles, et au bord des routes.

La valériane rouge, ou centranthe rouge

La vipérine commune, ou serpentine

Comme la cynoglosse vue plus haut, c'est une boraginacée. Son nom de "vipérine" vient de la forme de son fruit qui évoque une tête de vipère. Les bords de chemin, les rocailles sont embellis en ce moment par ses belles hampes florales bleues - violettes ! Elle est également toxique du fait de la présence d'alcaloïdes pyrrolizidiniques.

C'est une plante qui produit beaucoup de nectar et attire les abeilles, les bourdons, les papillons, qui en retour participent à sa pollinisation. Elle est très commune.

La vipérine commune, ou serpentine

La vipérine commune, ou serpentine