dimanche 11 juin 2023

mi-mai mi-juin : les fleurs sauvages au fil des mois (9)

Avec l'humidité qui a fini par arriver, les fleurs ne se comptent plus à Fontanès ! Voilà quelques beaux spécimens que nous avons pu croiser sur nos chemins, entre mi-mai et mi-juin.


La campanule

C'est une plante assez commune, qu'on trouve un peu partout en Europe ainsi que dans une partie de l'Asie et de l'Afrique. Elle fait de très belles inflorescences de fleurs bleues en forme de cloche. Elle a longtemps été cultivée et utilisée en cuisine, jusqu'à ce qu'elle soit supplantée par l'épinard à partir du XVIIème siècle. Les feuilles étaient utilisées en salade et les racines étaient soit râpées crues en salade, soit cuites à l'eau. 

La campanule

La centaurée rude

Comme chez toutes les astéracées, la "fleur" est en réalité un capitule, c'est à dire le regroupement de plusieurs petites fleurs. Dans le cas de cette centaurée méditerranéenne, les fleurs du bord du capitule sont plus ouvertes que celles du centre, ce qui donne une forme assez caractéristique. La base de cette inflorescence est un "involucre" composée de bractées portant de petites épines. Elle est botaniquement très proche des bleuets.

Le nom de genre "Centaurea" a été choisi par les botanistes en souvenir du centaure Chiron qui, selon Ovide, aurait utilisé les propriétés médicinales d'une centaurée pour tenter de se soigner alors qu'il était blessé par une flèche empoisonnée d'Héraclès.

La fleur de centaurée rude

Le fruit de la centaurée rude

Le convolvulus de Cantabrique, ou liseron de Cantabrique

Il ressemble à un liseron, ces plantes rampantes envahissantes qui enquiquinent les jardiniers, mais il s'agit d'une plante pérenne et non pas d'une annuelle. La partie souterraine est ligneuse et vit plusieurs années, et la partie aérienne repousse chaque printemps.

C'est une plante de milieu très sec, qu'on retrouve dans la moitié sud de la France, ainsi que dans plusieurs pays d'Europe méditerranéenne et d'Europe de l'Est.

Le convolvulus de Cantabrique


Le cynoglosse de Crète

C'est une plante de garrigue assez rare, qui se développe souvent sur deux ans, les fleurs apparaissant la 2ème année. Elle appartient à la famille des Boraginacées. Les fleurs d'une même plante peuvent varier en couleur, du rose au bleu-violet.

Les fruits sont un peu hirsutes, et s'accrochent dans les poils des animaux, ce qui aide à la dissémination des graines. On appelle cela la zoochorie.

Elle est naturellement présente sur le bassin méditerranéen, mais elle a été introduite dans les régions à climat de type méditerranéen des Etats-Unis, d'Amérique du Sud et d'Australie, où elle est considérée envahissante.

😉 Le mot cynoglosse signifie "langue de chien" en référence à la forme des feuilles.


Elle contient des substances toxiques (alcaloïdes pyrrolizidiniques). 

Le cynoglosse de Crète

La luzerne

Originaire des régions tempérées du Proche-Orient et d'Asie Centrale, la luzerne a été introduite un peu partout et cultivée à la fois pour ses propriétés intéressantes pour l'alimentation du bétail (richesse en protéine notamment) et pour sa capacité à améliorer le sol en captant l'azote, comme les autres espèces de Fabacées que nous avons déjà rencontrées. Elle a de plus un système racinaire très développé, qui l'aide à résister à la sécheresse et elle a la propriété de décompacter le sol. Elle est largement présente dans toutes les régions tempérées du monde, aussi bien en culture qu'à l'état sauvage. Elle est utilisée sous diverses formes dans l'alimentation humaine et animale.

La luzerne

La luzerne

Le millepertuis perforé (ou millepertuis commun ou millepertuis officinal)

Ses fleurs jaunes lumineuses sont toujours présentes en ce mois de juin le long des chemins.

Le nom "millepertuis" signifie "mille trous" : si vous regardez une feuille à contrejour, vous aurez l'impression de voir mille petites perforations. Il s'agit en réalité de petites glandes transparentes à l'origine des huiles essentielles de la plante.

Le millepertuis, aussi appelé herbe de la Saint-Jean, a de multiples propriétés médicinales connues depuis la nuit des temps (ou presque ! on en trouve mention dans des textes de l'Antiquité). Cette plante a des propriétés cicatrisante et anti-inflammatoire et c'est un antidépresseur naturel. Il était appelé le “chasse-diable” ou le “fléau du diable” au Moyen-Age car il était réputé pour éloigner les esprits diaboliques et les sorcières. Il n'était pas rare jusqu'au XIXème siècle de trouver un bouquet de millepertuis accroché aux portes des granges, aux fenêtres des maisons, ou d'en porter sur soi.

Le millepertuis

Le muscari à toupet

C'est un cousin du Muscari à grappe que nous avons rencontré plus tôt dans la saison. Le muscari à toupet était présent en mai et on le le trouve plus en juin. C'est une plante vivace, dont on trouve aussi des variétés en jardinerie car il est cultivé pour l'ornement. On le trouve à l'état sauvage en Europe centrale et méridionale, dans l'Est du bassin méditerranéen et en Afrique du Nord.

Son bulbe est comestible ("lampascione" en italien) et est cuisiné traditionnellement dans les régions des Pouilles et de la Basilicate. 

Le muscari à toupet

La nigelle des champs

Elle fait partie de la famille des renonculacées. C'est une cousine sauvage de la nigelle cultivée (aussi appelée "cumin noir" ou "graine bénie"), dont la graine riche en thymoquinone a de nombreuses propriétés médicinales. Le nom de "nigelle" vient du latin et signifie "noir", en référence à la couleur des graines.

La nigelle des champs est une espèce méditerranéenne. 


La potentille rampante

C'est une petite plante basse de la famille des rosacées, à fleurs jaunes. Les feuilles sont reconnaissables à leurs 5 folioles, et c'est pour cette raison qu'elle est aussi appelée "quintefeuille". Elle est parfois utilisée comme alternative au gazon pour ses propriétés couvre-sol.

La potentille rampante

La scabieuse maritime

Les scabieuses sont en pleine floraison en ce moment (juin), et elles attirent de nombreux papillons qui viennent se nourrir de nectar. Les fleurs sont là encore des capitules, formés en réalité de nombreuses petites fleurs.

La scabieuse maritime

Le spartier-faux genêt

Ce buisson actuellement (juin) couvert de fleurs jaunes sur des tiges ne présentant quasi aucune feuille a de nombreux noms ! Genêt d'Espagne, spartier, joncier, spartier à tiges de jonc... On le trouve communément dans les espaces ouverts, par exemple le long des routes et des autoroutes. Il est naturellement présent sur le pourtour méditerranéen et en vallée du Rhône. Il a été utilisé pour tisser des draps, de la toile et des vêtements, et pour nourrir les chèvres et les moutons pendant l'hiver. Même pour les animaux, il faut l'utiliser avec modération car il contient un alcaloïde, la cytisine, qui le rend toxique.

Le spartier-faux genêt

Le trèfle des champs ou trèfle couché

C'est une espèce de trèfle à petites fleurs jaunes, très répandue. On la trouve souvent en marge des champs cultivés. Elle est très basse, souvent autour de 10 cm.

Le trèfle des champs ou trèfle couché


L'urosperme de Daléchamp ou lampistrelle commune

Proche des pissenlits, cette espèce tient son nom Urospermum de la forme des fruits, qui se terminent par une sorte de longue queue en forme de bec. On la trouve sur tout le pourtour méditerranéen, et elle fleurit abondamment au printemps. Les "pétales" qui forment la fleur sont en réalité des fleurs eux-mêmes !

L'urosperme de Daléchamp ou lampistrelle commune

La valériane rouge, ou centranthe rouge

Le nom "centranthe" vient du grec et signifie que les fleurs sont pourvues d'éperons. Comme son nom l'indique, une majorité des plantes ont des fleurs de couleur rose foncé ou rouge, mais environ 10% sont blanches. Elles attirent souvent des sphinx, ces petits papillons capables de faire du sur place pour butiner à distance à l'aide de leur longue trompe. C'est une espèce qui apprécie la chaleur et les sols très secs, et on la trouve communément sur les vieux murs, les éboulis, les rocailles, et au bord des routes.

La valériane rouge, ou centranthe rouge

La vipérine commune, ou serpentine

Comme la cynoglosse vue plus haut, c'est une boraginacée. Son nom de "vipérine" vient de la forme de son fruit qui évoque une tête de vipère. Les bords de chemin, les rocailles sont embellis en ce moment par ses belles hampes florales bleues - violettes ! Elle est également toxique du fait de la présence d'alcaloïdes pyrrolizidiniques.

C'est une plante qui produit beaucoup de nectar et attire les abeilles, les bourdons, les papillons, qui en retour participent à sa pollinisation. Elle est très commune.

La vipérine commune, ou serpentine

La vipérine commune, ou serpentine




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