lundi 30 octobre 2023

Le tircis

Observation à Fontanès le 22 octobre 2023

Voici un papillon assez courant et très joli : le tircis. Son nom latin est Pararge aegeria

Le tircis est un joli papillon assez fréquent.

D’où vient ce nom ? La zoonymie est l’étude du nom des animaux (ou zoonyme) et je trouve que c’est vraiment très intéressant. Ainsi, Pararge signifie « près d’Arge » et aegeria fait référence à Égérie (en latin Aegeria) une nymphe des sources dans la mythologie romaine (une parle également de camène). Prenons maintenant le nom vernaculaire de ce papillon : Tircis. Tircis est un berger apparaissant dans le recueil des Bucoliques (ou Églogues) du poète latin Virgile paru en -37 avec JC. 

Une nymphe des sources (source : wikipedia)

Tircis (le papillon !) appartient à la famille des nymphalidae. Son envergure est d’environ 4 cm. On le rencontre principalement dans les forêts mais il peut également se trouver dans des milieux ouverts tels que des prairies ou des zones péri-urbaines si des arbres sont présents en bon nombre. Notre observation a été réalisée au Mas Fontan, sans aucun doute grâce au couvert arborée préservé dans cette zone. Pourvu que cela dure.

Étant un papillon, le tircis passe une partie de sa vie sous la forme d’une chenille et il se nourrit alors de graminées. Il est fréquent en Europe de l’ouest et se rencontre jusqu’à la mer Caspienne.


Texte : J.-P. Rossi
Photographies : C. Kerdelhué

dimanche 29 octobre 2023

Une punaise made in USA

 Observation à Fontanès le 22 octobre 2023

Nous n’avons pas souvent parlé des espèces envahissantes sur ce blog et l’arrivée de l’automne va nous fournir plusieurs occasions d’aborder ce sujet. En effet, avec la baisse des températures, certains insectes cherchent un abri et pénètre dans nos habitations. C’est une bonne occasion de les observer car ils sont souvent peu actifs et donc faciles à approcher. En octobre comme en novembre, vous pourrez ainsi observer plusieurs punaises exotiques absolument inoffensives pour l’homme (je tiens à le préciser). 

Nous parlons aujourd’hui de la première de ces super-stars : la punaise américaine du pin. Son nom latin est Leptoglossus occidentalis.

Cette espèce est originaire des USA où elle a longtemps peuplé les régions bordées par les montagnes rocheuses. Elle a réussi à franchir ces montagnes (sans doute aidée par l’homme et le transport de marchandises) dans le courant des années 1950. A partir de ce moment Leptoglossus occidentalis a entrepris une véritable « conquête de l’est » et a fini par atteindre New York en 1990.


Leptoglossus occidentalis, la punaise américaine du pin

Bon, vous me direz que ce n’est pas mal mais que traverser les USA d’ouest en est et franchir l’Atlantique ce n’est pas la même chose. Surtout quand on est un insecte ! C’était sans compter les cargos qui transportent tous les ans d’immenses quantités de marchandises depuis les USA vers l’Europe. Et les punaises sont très fortes pour se cacher dans les conteneurs et voyager gratis !

C’est ainsi que Leptoglossus occidentalis a posé une patte en Europe en 1999 et plus précisément en Italie du nord. A partir de ce moment, les pays voisins ont rapidement été conquis (Suisse, Autriche, Croatie, Hongrie, République Tchèque). La Corse a été atteinte en 2005 et le sud de la France continentale en 2006. Aujourd’hui la punaise du pin est présente un peu partout en France et en Europe

Leptoglossus occidentalis est un insecte strictement phytophage qui se nourrit sur les cônes en formation de différents conifères ainsi que sur les graines contenues dans les cônes. Elle peut également consommer le suc de fruits pourrissants.

Vous êtes maintenant au courant de l’histoire de cette punaise qui n’est peut-être pas (encore) dans votre maison mais qui cherche sûrement à y entrer pour passer l’hiver au chaud ! 

Texte : J.-P. rossi

Photo : C. Charpiat-Rigaud

dimanche 22 octobre 2023

Fête des abeilles et de la biodiversité à Saint Mathieu de Tréviers le 5 novembre !

 Les associations « Les paniers du Pic » et « Assopic » organisent la 7e édition de la Fête des Abeilles et de la Biodiversité le 5 novembre 2023 de 10h00 à 18h00 au Galion (Saint Mathieu de Tréviers).

Le programme est extrêmement intéressant avec des conférences, des ateliers et bien d’autres choses !

Pour plus d’information : https://www.ville-saint-mathieu-de-treviers.fr/agenda/fete-des-abeilles-et-de-la-biodiversite/


dimanche 8 octobre 2023

La lyriste plébéienne

 Observation à Fontanès le 10 juillet 2023

Connaissez-vous la lyriste plébéienne ? Mais oui ! Il s’agit de Lyristes plebejus, autrement dit la cigale commune ou grande cigale commune ! Lyriste fait référence à la lyre, instrument de musique évoquant les talents sonores de l’insecte ; plébéienne signifie « du peuple » en référence à la plèbe de la Rome antique qui désignait le peuple.

La lyriste plébéienne en plein récital

Cet insecte hémiptère appartient à la famille des Cicadidae et se rencontre fréquemment dans le sud de l’Europe. Comme c’est le cas pour la cigale grise Cicada orni dont nous avons déjà parlé (voir ici), les mâles produisent un son strident durant l’été (juin-fin aout/septembre). A l’état adulte, les cigales vivent sur des arbres dont la sève leur sert de nourriture. Les larves, quant à elles, vivent 4 ans dans le sol et se nourrissent en suçant la sève qui circule dans les racines des arbres. 

Mais attention ! Notre photo est un peu spéciale car les cigales ne se nourrissent pas de bambou mais il leur arrive de se déplacer d’une plante à une autre et de faire une petite pause sur un végétal non comestible pour elles 😉.

Texte : J.-P. Rossi
Photographie : C. Kerdelhué

samedi 7 octobre 2023

Le bourdon roux

 Observation à Fontanès le 7 octobre 2023

Le bourdon roux, Bombus pascuorum est un superbe insecte de la famille des Apidae et comme l’abeille sa cousine, il joue un rôle important dans la pollinisation des plantes. Le bourdon roux forme des colonies qui vivent dans un nid positionné au ras du sol et protégé par une sorte de dôme en matériau végétal. Peu agressifs, ils ne posent pas de problèmes si on les dérange (mais ce n’est pas une raison !). 

Comme son nom l’indique, le bourdon roux est… roux (voir photo) et on le reconnait ainsi aisément. 

Un bourdon roux photographié à côté des cellules du nid

La colonie est annuelle, contrairement aux abeilles qui se maintiennent durant des années. La reine sort de son abri au printemps et forme la colonie. Elle meurt en automne et avec elle toute la colonie. Dans le sud de la France, les colonies peuvent vivre jusqu'au mois de novembre. Les futures reines de l’année à venir ont quitté le nid durant l'automne et passent l’hiver cachées sous une écorce ou dans une fissure. Le nid comporte des cellules, bien visibles sur notre photographie et dans la vidéo ci-dessous. Elles contiennent soit des larves soit des réserves de miel. Hé oui, le bourdon roux produit du miel, tout comme les abeilles, bien qu’en petite quantité !


Nous avons malencontreusement perturbé une colonie de bourdons roux. Ils sont inquiets mais n'ont aucun comportement agressif.

Texte : J.-P. Rossi

Photos et vidéo : C. Kerdelhué



L'épeire diadème

 Observation à Fontanès le 12 juillet 2023

Voici une nouvelle araignée à ajouter à notre collection (de photos). Il s’agit de l’épeire diadème Araneus diadematus de la famille des Araneidae. 

On la trouve en Europe et en Amérique du nord. Les motifs qui ornent sont abdomen lui valent le nom d’araignée porte-croix. Elle tisse de grandes toiles (jusqu’à 1 mètre) pour capturer ses proies. La toile est refaite tous les jours !


L’épeire diadème apparaît dans l’album de Tintin l’étoile mystérieuse (1942) lorsque Tintin l’aperçoit à travers le télescope du professeur Calys. C’est d’ailleurs Calys qui identifie l’animal, après quelques hésitations il est vrai…

Texte et photo J.-P. Rossi
Illustrations : Hergé